Ratios financiers et secteur du transport

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Daniel Lincourt, MBA
Directeur financement, Financement, Achat-vente et évaluation d’entreprise

Toutes les entreprises auront, un jour ou l’autre, besoin de financement. Or, si ces besoins sont généralement fort différents en regard de leur secteur d’activité, il est tout aussi important de noter qu’ils changeront tout au long de leur cycle de vie. La nature ayant horreur du vide, les sources de financement se sont donc multipliées au cours des 30 à 40 dernières années. Ce marché, essentiellement réservé aux prêteurs traditionnels (les institutions financières) dans les années 80, a vu naître depuis les prêteurs gouvernementaux, les fonds d’investissement institutionnels ou privés ainsi que les prêteurs spécialisés.

D’autre part, les types de financement se sont aussi multipliés. Du simple prêt à terme consenti sur la base des garanties est né le prêt sur flux de trésorerie, le prêt sur actif, la dette subordonnée, le crédit-bail, etc. Chacun de ces types de financement répond à un besoin spécifique et se distingue notamment par les coûts, les garanties demandées, les quotités de financement offertes, la durée d’amortissement, les conditions et autres engagements exigés.

Nous porterons aujourd’hui notre attention sur les financements offerts sous la forme de crédit-bail.

Particularités du crédit-bail :

  • Le bien visé par un contrat de crédit-bail demeure légalement la propriété du locateur. Le locataire (l’utilisateur du bien) pourra habituellement acquérir le bien loué, au terme du contrat, en exerçant une option d’achat, le cas échéant.
  • Le crédit-bail est généralement recommandé pour financer des équipements qui ont une durée de vie plus courte et qui doivent être remplacés régulièrement (camions, autos, copieurs, etc.).
  • Le crédit-bail permet de réduire habituellement la pression sur les liquidités de la société. Le financement alloué peut atteindre 100 % du coût, et ce, incluant les coûts accessoires (soft costs).
  • D’un point de vue comptable, il existe deux types de contrats crédit-bail, soit : le contrat de location-acquisition et le contrat de location-exploitation. Bien que d’un point de vue juridique, les deux contrats peuvent être équivalents, voire identiques, d’un point de vue comptable, ce sont les conditions implicites qui en préciseront la nature.

Différence entre crédit-bail et emprunt :

  • Lorsqu’un bien est acheté au moyen d’un financement traditionnel, l’emprunteur devient propriétaire du bien, et ce, qu’il l’ait cédé ou non en garantie.
  • Lors de la conclusion d’une convention de crédit-bail, le locataire ne devient pas propriétaire du bien visé. Les taxes de vente (TPS/TVQ) ne sont pas payables au moment de la conclusion du contrat, mais plutôt sur chacune des mensualités.
  • Le contrat de location-exploitation est un engagement hors bilan. Pour l’essentiel, cela signifie que la dette ne figure pas au bilan de la société. Cette particularité aura donc un impact minime sur certains ratios financiers, tels que le ratio de fonds de roulement et le ratio d’endettement. Le traitement fiscal présente aussi certaines particularités, de sorte que l’un ou l’autre des modes de financement pourrait avoir un impact sur votre facture fiscale. L’un de nos fiscalistes saura vous conseiller à cet effet.

D’ordre général, les prêteurs évalueront les demandes de financement en analysant d’abord les ratios financiers de l’entreprise. Des multiples ratios disponibles, trois sont couramment utilisés. Voici donc ces trois principaux ratios financiers et leurs significations les plus standards :

Couverture du service de la dette (RCSD) :

Le calcul se fait en prenant le bénéfice avant impôt, intérêts et amortissement (BAIIA) moins la sommes des impôts exigibles, des investissements en immobilisations non financés, des retraits et dividendes, des produits non récurrents sur les remboursements en capital et les intérêts payés durant l’exercice financier.

Ce ratio mesure la capacité de l’entreprise à remplir ses obligations financières. À moins de rares exceptions, un ratio de RCSD inférieur à 1 : 1 conduira à une réévaluation du risque de l’entreprise et à de nouvelles conditions de crédit de la part du prêteur. Dans certains cas, le prêteur exigera une injection de fonds, l’ajout de garanties tangibles ou la prise d’engagements financiers des actionnaires. Bien qu’il puisse différer selon l’industrie dans laquelle l’entreprise œuvre, le ratio de RCSD devrait habituellement être supérieur à 1.15 : 1.

Le ratio d’endettement (Dette/Valeur nette tangible (VNT))

Ce ratio se calcule en prenant la dette totale sur la différence entre les capitaux propres et les actifs incorporels.
Ce ratio indique l’importance de l’utilisation du levier financier, et ce, en regard des actifs corporels de l’entreprise. Ce ratio devrait normalement se situer en deçà de 3 : 1.

D’ordre général, la valeur de rachat de toute action privilégiée qui est rachetable au gré du détenteur devra être considérée comme une dette et la valeur comptable de celle-ci conséquemment retirée de la VNT (seul l’engagement de l’actionnaire à ne pas racheter ses actions permettra d’éviter cet ajustement). De la même façon, toute dette ou partie de dette subrogée (subordonnée au prêteur) sera généralement retirée de la dette totale et ajoutée à la valeur nette tangible (VNT) au titre de quasi-équité. Les prêteurs retirent, par ailleurs, la partie à long terme de l’impôt futur de la dette totale.

Finalement, les actifs incorporels réduiront la valeur nette tangible.

Le ratio de fonds de roulement :

Le ratio de fonds de roulement se calcule simplement en divisant l’actif à court terme par le passif à court terme.

Ce ratio mesure la capacité de l’entreprise à s’acquitter de ses obligations à court terme à partir de ses actifs à court terme, et ce, à une date précise. Bien qu’il soit très relatif au secteur d’activité de l’entreprise, ce ratio devrait se situer aux environs de 1.5 : 1. À titre indicatif, un ratio de fonds de roulement se situant entre 0.85 et 1 : 1 sera généralement jugé acceptable pour l’industrie du transport.

N’oubliez pas que le simple calcul des ratios financiers n’est généralement pas suffisant pour prendre la mesure de la santé financière d’une entreprise. Adéquatement analysés, dans leurs contextes et sur une base historique, ils deviennent toutefois un puissant outil de mesure de risque utilisé par les créanciers. L’utilisateur devra aussi évaluer leurs tendances en prenant soin d’identifier la source des changements. L’impact est évidemment fort différent qu’il s’agisse de changements structurels plutôt que conjoncturels.

Gestion de la flotte :

Un autre point très important pour les divers partenaires financiers, mais aussi pour les entreprises est les directives concernant la gestion des flottes.
Le domaine du transport routier de marchandises constitue un marché en expansion depuis les quatre dernières années dans un contexte concurrentiel intense. Les gestionnaires de flottes doivent établir la stratégie d’exploitation de la flotte et définir sa taille, sa composition, son utilisation, sa maintenance ainsi que sa stratégie de renouvellement, tout en tenant compte des contraintes d’exploitation et financières.

Cette stratégie aura un impact important sur la rentabilité de l’entreprise, sur le respect des normes en vigueur en matière de sécurité et environnement. Il faut donc un plan de renouvellement de la flotte très bien détaillé avec des critères établis à l’avance (critères économiques, financiers, opérationnels) qui répondent aux besoins de la clientèle
présente et future.

Ce contrôle permettra à l’entreprise d’éviter des problèmes financiers (financement), de satisfaire son personnel et de rentabiliser ses actifs.

Notre service de financement peut vous aider à bien comprendre d’abord et avant tout votre propre structure financière avant même de commencer vos demandes de financement. De plus, nous pouvons vous accompagner par le biais de projections financières dans le but d’avoir une vision de votre entreprise sur quelques années, combinant la rentabilité prévue pour les opérations, vos différents projets tels votre vision de croissance de l’entreprise ou encore une relève prévue, tout en donnant effet à vos réinvestissements annuels en immobilisations. Il sera ainsi plus facile d’évaluer l’impact de vos choix sur des enjeux majeurs tels le fonds de roulement et le potentiel de financement et de choisir le bon mode de financement et, par le fait même, vos partenaires financiers.

N’hésitez pas à communiquer avec les membres de notre équipe!

Daniel Lincourt
Directeur financement, Financement,
Achat-vente et évaluation d’entreprise

Alain Bouffard
Directeur financement, Financement,
Achat-vente et évaluation d’entreprise

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